#1 Le jour où… j’ai démissionné !

Il faut absolument que je vous raconte comment ma vie a pris un nouveau tournant ces derniers mois. C’est l’occasion d’inaugurer une nouvelle catégorie sur le blog : “Le jour où….” Je vais même faire plusieurs articles en un !

Le jour où j’ai trouvé un job étudiant
Tout a commencé le 31 janvier 2012. J’ai commencé à travailler en tant que caissière dans un supermarché pour 12h par semaine. De quoi m’aider à boucler les fins de mois tranquillement. Ambiance super bonne, je me suis tout de suite plu dans cet univers impitoyable ! Faut dire que j’avais l’impression de jouer à la marchande, alors c’était fun 🙂

Je continuais de suivre à côté mes cours de M1 LEA en Management et Marketing International. Il faut savoir que j’ai toujours été super feignante en cours, mais que j’ai toujours réussi (au grand dam de certains de mes proches qui ont tout donné pour réussir et qui malheureusement n’ont pas eu cette chance). J’ai validé mes 2 semestres et je devais donc me mettre à la recherche d’un stage de fin d’année pour valider le tout.

Le jour où les plans ont changés
N’étant pas très motivée par cette recherche de stage et par les perspectives que me proposaient les enseignements du M1, j’ai accepté une offre de mon employeur : une collègue partait en arrêt maladie et on me proposait donc de prendre ses 30h par semaine. Le Saint Graal : un salaire à temps plein ! A ce moment là, je ne savais pas encore ce qui m’attendait : des heures non comptées, des avenants signés en retards, tout plein de choses bien illégales….

Le jour où tout a basculé (Oui comme sur France 2 :P)
Ayant donc accepté l’offre pour augmenter mes heures, j’ai du me rendre disponible à 100% pour le magasin. C’est à dire qu’au début, je ne connaissais pas mes horaires à l’avance, mais que ma responsable m’appelait tous les matins pour me dire “Laura, tu peux venir aujourd’hui de 14h à 20h?”. Et moi, dans la volonté de bien faire, j’ai toujours accepté. Mettant même mes plans personnels de côtés. Je pensais qu’un jour où l’autre, j’aurais des avantages à en tirer.

C’est sans compter la fourberie de mes responsables. Evidemment, j’ai toujours dis oui à tout, donc dès qu’il y avait quelque chose de rebutant à faire, c’est moi qu’on appelait ! Sans oublier que j’étais l’une de celle qui prenait toujours le plus d’initiatives…. Trop bonne, trop conne ! C’est comme ça que je me suis retrouvée à passer un samedi entier 10h – 20h (avec une heure de pause) à bipper des prix en rayon, à 4 pattes pour les rayons du bas, et sur la pointe des pieds pour les rayons du haut (vive le dos….) à devoir en même temps répondre à toutes les demandes les plus farfelues des clients. Ce qui ne faisait que me retarder de plus en plus….

J’ai aussi passé le jeudi de l’Ascension à nettoyer les présentoirs de chewing-gum au bout des caisses. Et un autre matin, j’ai passé 4h à nettoyer à l’éponge l’intérieur des camions destinés à la location. Il y a un moment donné où, en dehors du fait qu’on me prend pour une conne, tu passes vraiment pour un larbin aux yeux de tous ! Et quand ce moment là arrive, il faut savoir dire stop !

Le jour où j’ai démissionné
C’était le 31 mai 2012. Le lendemain du jour où j’ai lavé tous ces camions. J’ai été me renseigner auprès de ma responsable concernant toutes mes heures supplémentaires du mois d’avril qui n’avaient pas été payées. Et là, on m’annonce que toutes ces heures seraient récupérées et non payées…. C’est à dire que dans les semaines à venir, je ne ferais plus que 25h environ, tout en conservant mon salaire de base. On me prend pour une buse ou quoi là ?

A ce moment précis, j’ai su qu’il fallait que j’arrêter. Je devais faire 14h – 20h l’après midi. J’ai quitté ce bureau que je détesterais toujours, en pleurant. J’ai balancé ma carte de pointage au nez d’un de mes collègues et je suis partie d’ici, en me jurant ne plus jamais remettre les pieds dans ce magasins. Je suis rentrée chez moi. J’ai cherché tant bien que mal un médecin pour avoir un arrêt maladie et j’ai appelé l’inspection du travail.

L’inspection du travail me confirme que la récupération d’heures n’est pas prévue par la loi. Le médecin me donne un arrêt d’une semaine. Je suis donc retourner voir ma supérieure : je lui ai remis ma lettre de démission et mon arrêt de travail en même temps, espérant la mettre dans une sale situation.

A ce moment là, j’ai pris du temps pour moi. Je me suis bien reposée. Et contre toute attente je suis retourner travailler la semaine d’après, à la fin de l’arrêt maladie. Je ne pouvait pas me permettre de vivre sans salaire…. J’ai donc fait les 3 semaines qu’il me restait avant de partir. Ca s’est passé normalement. Je comptais les jours, je n’en pouvais plus …. Plus la fin s’approchait, plus les jours étaient longs ! Je n’ai plus jamais adressé la parole à ma responsable, sauf pour lui demander où je devais remettre mon badge et mes vestes.

Le jour où j’ai quitté mon travail
J’ai fini de travailler le 30 juin dernier. J’ai finalement obtenu mon dû : toutes mes heures payées, et majorées comme le prévoit la loi. Comme quoi, ça sert d’ouvrir sa bouche ! J’ai fêté ça en beauté avec mes ex-collègues le soir même. Une chose est sûre : ils me manquent beaucoup ! Heureusement qu’ils étaient là pour me soutenir, sinon j’aurais jamais tenu jusque là. En travaillant dans la grande distribution, je peux affirmer sans grande prétention avoir mûrit à grande vitesse. Ce genre de travail, ça vous forge un caractère !

Au jour d’aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir perdu un an de ma vie. D’avoir donné beaucoup sans n’avoir rien reçu en retour. La proposition à temps plein est arrivée dans un moment de doute et je me suis empressée de la saisir sans trop réfléchir. Il faudra tout recommencer à zéro en septembre : me réinscrire en M1 et obtenir les conventions de stage, trouver un job en attendant de reprendre des études qui m’intéressent plus que le M1 que j’ai fait…. Il va falloir que je me reprenne en main. Cette année m’aura fait énormément changer en tout cas !

    17 Commentaires

    • Cet article me fait penser au film que j’ai recemment vu “tribulations d’une caissiere” ou quelque chose du genre, je sais pas si tu l’as vu … bref tu as bien fais d’arreter, ta sante en depend et surtout faut savoir dire STOP. Tu n’as pas perdu un an de ta vie, c’est toujours de l’argent de cote que tu peux pleinement savourer. Bon courage pour tes futurs dossiers 🙂

      • mamzellelaura dit :

        Je n’ai pas vu le film mais j’ai lu le livre. J’en avait parlé sur le blog déjà 😉
        De l’argent de côté pas vraiment lol. Premiers salaires = premiers plaisirs hein 😛
        Merci !!

    • like a German dit :

      Mon dieu comment je te comprends. Si tu savais à quel point je rêve de faire pareil avec Mcdo. J’ai foutu ma vie entre parenthèse cette année parce que je voulais avoir de l’argent et vivre. Quelle erreur. J’ai cessé de vivre plutôt. Ce job m’a achevé.
      Je suis au bord de la dépression. Chaque jour je rêve de balancer à la gueule de mes managers ma carte de pointage et de partir pour de bon.Le pire, c’est que je cherche, chercher, cherche mais je ne trouve aucun poste dans les domaines qui m’intéressent. Du moins, si, j’en trouve beaucoup, mais personne veut de moi. Et comme je ne peux pas me permettre de vivre sans salaire, je dois continuer chez Mcdo.

      Par contre l’idée de la rubrique ” le jour où ” est super sympa. Mince alors, pourquoi je l’ai pas eu en première ? XD

      Tu dis à la fin de ton article que tu dois refaire un Master ? Tu veux faire quoi comme M1 ??

      Au fait, j’ai une question con. Quand je publie, les préventions par email sont automatiques pour mes followers ou bien faut que j’envoie les email moi-même ???

      • mamzellelaura dit :

        Oui, mettre sa vie entre parenthèse c’est exactement ça ! Les horaires décalées, ne plus voir son chéri du tout, la fatigue permanente…
        Ca fait un moment que cette idée de rubrique me trotte dans la tête, et elle va être bien remplie dans les prochains jours en tout cas. J’ai déjà plusieurs articles en préparations 🙂

        Je dois me réinscrire dans le même M1 à la rentrée si je veux le valider. Comme un redoublement, sauf que j’ai validé tous mes cours, donc je n’aurais besoin que des conventions de stage ! Autrement, je veux bifurquer en RH. Ou reprendre à zéro dans la création 😉 J’ai encore du chemin à faire dans ma tête 😛

        Les mails se font tout seul t’inquiètes pas. Moi je reçois tout niquel pour ton blog 😉

        • like a German dit :

          ah ok =)

          Tiens tu t’intéresses aussi aux ressources humaines ? =)
          dans la création ? Dans la mode ? où dans quoi exactement ?
          ça c’est sur, tu as du chemin, mais on tellement jeune, y’a le temps d’apprendre plein de chose et de justement trouver sa voie =)

          • mamzellelaura dit :

            Hé oui j’ai découvert les RH cette année avec mon cours de com interne !
            Dans la création en général : graphisme, photographie…

          • like a German dit :

            super intéressant aussi, mais je sais que par exemple en Allemagne si on veut commencer des études là dedans, il faut avoir déjà un sacré book.

    • Lucie dit :

      Hello Laura. Hummm quelle histoire a tordre le ventre. Je te plains. C’est vraiment des nazes de casser à ce point une jeunesse entreprenante et volontaire. Je déteste ça. Après, on va dire que les jeunes sont feignants. Mais quenini. Ils ont été bien élevés puis, cassés par le système. Quelle merde.
      C’était quoi l’enseigne? QUe je n’y aille plus…

    • Bull'Elodie dit :

      Je comprends tout à fait ton article. Je bosse en grande distri depuis 5 ans, je suis une dingue moi !
      Pour l’instant j’y bosse encore du coup, je ne peux pas tout raconter sur mon blog au cas où …
      Je suis vendeuse rayon fromage coupe, pas vraiment le même monde que les hôtesses de caisses, mais tout aussi dégueulasse.
      Des heures supp’ non payés, récupérer jamais quand tu le veux et souvent en semaine plus courte.
      Une responsable qui débarque de nulle part te refuses tes dates de vacances pour poser les siennes. On te demande beaucoup pour relever un rayon et du jour au lendemain une autre arrive du textile (rien à voir) et te dit que pendant 1 an t’a fait que de la merde, …. Bref, j’en passe.
      Perso, si je suis dedans aussi longtemps c’est que je suis tombée dedans lors d’un apprentissage faute de mieux et depuis je suis bloquée en grande distri. Je dois subir une opération importante, c’est pour ça que je reste encore un peu. Après recherche active de boulot, n’importe où, mais plus jamais ça.
      Je te souhaite bon courage pour la suite de tes études.

      • mamzellelaura dit :

        Oui comme tu dis, plus jamais ça !
        Malheureusement, un boulot est tellement difficile à obtenir de nos jours que beaucoup de mes collègues restent pour la “sécurité” du salaire. Mais crois moi, elles ont toutes eu les même histoires que moi niveau heures et avenants. Seulement moi, je me laisse pas faire 😉
        Bon courage à toi surtout, c’est pas facile de tenir !!

    • Nastasia dit :

      Sympa le coup des heures à récupérer et pas payées comme prévus … Tu as bien fais ! y’a tellement de métiers que tu vas trouver quelque chose de moins ingrat !

      Bisouu Laura !

      • mamzellelaura dit :

        Héé oui, surtout qu’on m’avais bien dit “t’inquiètes pas, tes heures te seront payées” ahah 😛
        Long a expliquer hein, je t’avais prévenue !
        Bisouuus !

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